Il se met en colère pour un rien. »
« J’ai l’impression qu’il explose sans prévenir. »
« Je ne sais plus comment réagir. »
Les colères de nos enfants peuvent être déstabilisantes.
Elles nous épuisent parfois, nous inquiètent souvent et peuvent nous donner le sentiment de ne pas savoir comment les aider.
Pourtant, derrière une colère se cache rarement un enfant qui cherche simplement à s’opposer.
Le plus souvent, cette colère est une manière d’exprimer quelque chose qu’il ne parvient pas encore à dire autrement.
Et si, au lieu de voir la colère comme un problème à faire disparaître, nous la regardions comme un message à comprendre ?
Le cerveau de l’enfant est encore en construction
Lorsqu’un adulte ressent une émotion, son cerveau est généralement capable de prendre un peu de recul.
Il peut réfléchir, mettre des mots sur ce qu’il ressent et, avec le temps, apprendre à réguler ses réactions.
Chez un enfant, ce fonctionnement est encore en développement.
La partie du cerveau qui aide à gérer les émotions, à réfléchir avant d’agir et à retrouver son calme n’est pas encore complètement mature.
Lorsqu’une émotion devient trop intense, elle peut littéralement prendre toute la place.
L’enfant ne choisit pas de faire une crise. Il est submergé par ce qu’il ressent.
À cet instant, il a davantage besoin d’un adulte qui l’aide à retrouver son calme que d’un adulte qui cherche immédiatement à le raisonner.
♦Vous souhaitez en savoir plus ? Découvrez mon article : À quel âge un enfant apprend-il à gérer ses émotions ?
Une émotion qui déborde
Imaginez une bouteille que l’on remplit goutte après goutte. Au début, tout semble aller bien. Puis une goutte de plus et la bouteille déborde.
La colère fonctionne parfois de cette manière.
Ce qui provoque la crise n’est pas toujours la véritable cause.
Il peut y avoir eu auparavant :
- une journée fatigante ;
- une frustration ;
- un conflit avec un camarade ;
- une inquiétude ;
- une accumulation de petites tensions.
Le refus d’éteindre la télévision ou de mettre son manteau n’est parfois que la dernière goutte qui fait déborder la bouteille.
Derrière la colère se cache souvent un besoin
La colère n’est pas une mauvaise émotion. Elle apparaît souvent lorsqu’un besoin important n’est pas respecté.
Votre enfant a peut-être besoin :
- d’être entendu ;
- d’être rassuré ;
- de se sentir compris ;
- de retrouver un sentiment de sécurité ;
- de faire une pause ;
- d’avoir davantage d’autonomie.
La colère est parfois la seule manière qu’il trouve pour dire : « Quelque chose ne va pas pour moi. »
Quand les mots ne sont pas encore disponibles
Un jeune enfant ne possède pas toujours le vocabulaire nécessaire pour exprimer ce qu’il ressent.
Il ne dira pas : « Je suis frustré parce que j’avais imaginé autre chose. »
Il exprimera cette frustration avec son corps.
En criant, en pleurant, en tapant parfois.
Cela ne signifie pas qu’il faut tout accepter.
Mais comprendre que le comportement est souvent un langage permet de réagir autrement.
Comment réagir lorsqu’une colère éclate ?
Lorsque notre enfant est en pleine crise, notre premier réflexe est souvent de vouloir faire cesser la colère rapidement.
Nous expliquons.
Nous argumentons.
Nous élevons parfois la voix.
Pourtant, un enfant submergé par son émotion n’est plus réellement disponible pour entendre nos explications.
Avant de chercher une solution, il a d’abord besoin de retrouver un sentiment de sécurité.
Au lieu de dire :
❌ « Arrête immédiatement de te mettre dans cet état ! »
ou
❌ « Ce n’est pas grave. »
Essayez plutôt :
« Je vois que quelque chose est très difficile pour toi en ce moment. Je suis là. Quand tu seras prêt, nous essaierons de comprendre ensemble ce qui s’est passé. »
Cette phrase ne valide pas le comportement, elle accueille simplement l’émotion. L’enfant comprend qu’il a le droit de ressentir sa colère, tout en découvrant progressivement qu’il existe d’autres façons de l’exprimer.
🌿 L’outil à essayer à la maison : Les messages cachés des émotions
Lorsque la colère est passée et que votre enfant a retrouvé son calme, proposez-lui un petit jeu.
Préparez ensemble quelques cartes illustrant les besoins les plus fréquents ou téléchargez gratuitement le jeu messages cachés des émotions.
Après une colère, demandez simplement : « Si ton cœur pouvait choisir une seule carte aujourd’hui, laquelle prendrait-il ? »
Laissez votre enfant choisir sans chercher la « bonne réponse ».
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise carte. Il apprend simplement à identifier ce dont il avait réellement besoin.
Petit à petit, il découvrira que derrière la colère se cachent souvent des besoins bien différents.
Il n’est pas nécessaire de répondre immédiatement au besoin choisi. Identifier un besoin ne signifie pas toujours pouvoir y répondre sur-le-champ. (Un enfant peut avoir besoin de continuer à jouer alors qu’il est l’heure de partir).
En revanche, le fait que l’enfant se sente entendu est déjà une étape essentielle.
Vous pouvez lui dire par exemple :
« Je comprends que tu avais besoin de jouer encore un peu. Aujourd’hui nous devons partir, mais merci de me l’avoir dit. »
♣ Ce que ce jeu apprend à l’enfant:
Sans qu’il s’en rende compte, cet exercice développe plusieurs compétences essentielles.
Il apprend à :
- reconnaître ce qu’il ressent ;
- identifier ses besoins ;
- mettre des mots sur son vécu ;
- demander de l’aide autrement que par la colère.
Au fil du temps, il construit peu à peu son intelligence émotionnelle.
Quand un accompagnement peut être utile
La colère de votre enfant est souvent le signe qu’une émotion est devenue trop grande pour être contenue.
Notre rôle n’est pas de supprimer cette émotion. Notre rôle est d’accompagner l’enfant pour qu’il apprenne, peu à peu, à la reconnaître, à l’accueillir et à l’exprimer autrement.
Avec le temps, les colères ne disparaissent pas parce que l’enfant les interdit. Elles diminuent parce qu’il découvre progressivement d’autres façons de dire : « J’ai besoin d’aide. »
Il est normal qu’un enfant traverse des périodes où les colères sont plus fréquentes, notamment lors des grandes étapes de son développement.
En revanche, si ces colères deviennent très intenses, très fréquentes, qu’elles s’installent dans la durée ou semblent traduire une souffrance plus profonde, il peut être intéressant de se faire accompagner.
Chez Bol d’Harmonie, j’accueille les enfants dans un espace où ils peuvent déposer leurs émotions à leur rythme.
Selon leurs besoins et leur âge, différentes approches peuvent être proposées, comme l’hypnose, le Reiki ou les ateliers sonores.
L’objectif n’est pas de faire disparaître la colère mais d’aider l’enfant à retrouver progressivement un équilibre émotionnel et à développer de nouvelles ressources pour exprimer ce qu’il ressent.
En conclusion
La colère est souvent impressionnante.
Pourtant, derrière les cris, les larmes ou l’opposition se cache bien souvent un enfant qui ne sait pas encore comment dire autrement ce qu’il vit.
En changeant notre regard sur cette émotion, nous pouvons transformer peu à peu notre manière de l’accompagner.
Car un enfant qui se sent écouté apprend progressivement à mieux s’écouter lui-même.
Votre enfant rencontre régulièrement des difficultés avec ses émotions ?
Comprendre ce qui se joue est une première étape.
Si vous souhaitez aller plus loin, je propose un accompagnement émotionnel adapté à l’âge et aux besoins de chaque enfant, notamment à travers l’hypnose, mais aussi le Reiki ou la relaxation sonore.
👉 Découvrir l’accompagnement des enfants

