« Il pleure pour un rien. »
« Il suffit de lui dire non et il se met à pleurer. »
« Je ne sais plus comment réagir. »
Il peut être difficile pour les parents de comprendre les pleurs de son enfants surtout quand ceux ci sont fréquents.
On peut avoir l’impression que son enfant est particulièrement sensible, qu’il réagit de manière excessive ou qu’il pleure pour des choses qui nous semblent insignifiantes. Insignifiantes, pour des adultes!
Les pleurs sont une façon pour l’enfant de communiquer ce qu’il ressent, ce dont il a besoin ou ce qu’il ne parvient pas encore à exprimer avec des mots.
Et selon son âge, ce que ces pleurs cherchent à nous dire peut être très différent.
Les pleurs : le premier langage du tout-petit
Pour un bébé, pleurer est l’un des principaux moyens de communiquer.
Il ne peut pas encore dire s’il a faim, s’il est fatigué, s’il a peur ou s’il est inconfortable.
Alors son corps parle pour lui.
Les pleurs peuvent ainsi répondre à des besoins primaires : la faim, la soif, la fatigue, l’inconfort, le besoin de contact ou de réconfort.
Un bébé ne pleure donc pas pour manipuler son parent ou obtenir quelque chose. Donc non , un bébé ne fait pas de caprice, pendant longtemps on nous disait de laisser le bébé pleurer
Il exprime un besoin avec les moyens dont il dispose.
Progressivement, l’enfant acquiert d’autres façons de communiquer. Mais les pleurs restent longtemps un moyen d’exprimer ce qui est trop difficile à mettre en mots.
En grandissant, les larmes deviennent aussi le langage des émotions
Un enfant plus grand possède davantage de mots, mais cela ne signifie pas qu’il sait toujours les utiliser pour parler de ce qu’il ressent.
Il peut être triste sans savoir expliquer pourquoi. Frustré sans parvenir à dire ce qui lui manque. Inquiet sans réussir à mettre un nom sur sa peur.
Déçu, en colère ou simplement épuisé.
Alors les larmes prennent le relais.
Pleurer peut être une manière pour l’enfant de laisser sortir une émotion qu’il ne sait pas encore comprendre ou exprimer autrement.
C’est particulièrement vrai lorsque l’émotion est très intense. Et il vaut mieux laisser sortir ses larmes plutôt que de les retenir à l’intérieur, via les larmes les émotions s’expriment.
Quand les larmes sont le signe d’un trop-plein
Parfois, ce qui déclenche les pleurs n’est pas ce qui les a réellement provoqués.
Imaginez un verre que l’on remplit progressivement: Une journée fatigante, une dispute à l’école, une frustration, un manque de sommeil etc….puis arrive une dernière petite chose…
Et le verre déborde.
Votre enfant se met à pleurer parce que vous lui demandez simplement de ranger ses chaussures. Les chaussures ne sont peut-être que la dernière goutte.
Les pleurs peuvent alors être l’expression d’un trop-plein émotionnel qui s’est accumulé tout au long de la journée.
« Arrête de pleurer » : une phrase qui n’aide pas et apprend à votre enfant de taire ses émotions.
Lorsque notre enfant pleure, notre premier réflexe peut être de vouloir faire cesser les larmes.
Nous pouvons lui demander d’arrêter de pleurer, ou lui dire que ce n’est pas grave. Ces phrases partent souvent d’une bonne intention.
Nous voulons rassurer notre enfant. Nous voulons qu’il se sente mieux. Mais elles peuvent involontairement lui donner le sentiment que son émotion est excessive, gênante ou qu’il devrait être capable de l’arrêter immédiatement. L’émotion stagne et le corps ne la libère pas.
Nous pouvons plutôt commencer par reconnaître ce que nous voyons.
« Je vois que tu es très triste. »
« Je comprends que ce soit difficile pour toi. »
« Je suis là. Tu peux prendre le temps dont tu as besoin. »
Et lorsque l’enfant sera suffisamment calme :
« Je comprends que tu sois triste. Je te propose qu’on essaie de comprendre ensemble pourquoi. »
Il ne s’agit pas de chercher immédiatement une explication.
On commence par accueillir, aider l’enfant à retrouver plus de calme. Puis, lorsque l’émotion est redescendue, on cherche à comprendre.
Etape 1: apaiser, Etape 2: comprendre
Lorsqu’un enfant est submergé par une émotion, il n’est pas toujours capable de réfléchir ou d’expliquer ce qui se passe.
C’est pourquoi il est inutile de lui demander pourquoi il pleure.
Il ne sait parfois tout simplement pas. Il a d’abord besoin de retrouver suffisamment de calme pour pouvoir réfléchir.
Vous pouvez alors créer un espace de retour au calme. Un endroit tranquille, avec peu de stimulations.
Vous pouvez rester près de lui et lui dire :
« Je reste avec toi. Nous allons prendre le temps de retrouver ton calme. »
Selon l’enfant, cela peut passer par un câlin, quelques minutes de silence, la présence de son doudou, un peu de musique douce ou une respiration simple.
L’objectif n’est pas d’isoler l’enfant pour le punir. C’est de lui offrir un espace dans lequel son émotion peut redescendre, avec la présence sécurisante de l’adulte.
Ainsi si vous êtes dans un lieu commun, avec du passage il est bien de l’emmener vers plus de tranquillité.
Une respiration à apprendre lorsque tout va bien
Une respiration est beaucoup plus facile à utiliser lorsqu’elle a été découverte avant la crise et pratiquée régulièrement.
Vous pouvez proposer à votre enfant la respiration de la bougie.
Faites le imaginer une petite bougie devant lui.
Dites lui d’inspirez doucement par le nez.
Puis de souffler lentement par la bouche, comme s’il voulait faire danser la flamme sans l’éteindre.
Demandez lui de répéter cette respiration trois à cinq fois.
Vous pouvez même jouer avec votre enfant et une vrai bougie, le but du jeu est de faire bouger la flamme dans l’éteindre!
Cette respiration devient progressivement un petit outil que l’enfant peut retrouver lorsqu’il sent qu’une émotion monte.
Petit rituel en trois étapes : calmer, ressentir, comprendre
Une fois les pleurs apaisés, vous pouvez proposer à votre enfant un petit temps d’écoute.
1. Calmer
Commencez par revenir au calme.
Respiration (respiration de la bougie, cohérence cardiaque etc..), câlin, silence ou petit moment tranquille.
2. Ressentir
Demandez-lui :
« Qu’est-ce que tu ressens maintenant ? »
S’il ne trouve pas les mots, vous pouvez proposer plusieurs possibilités :
« Est-ce que tu étais triste ? En colère ? Inquiet ? Déçu ? Fatigué ? »
Il peut également dessiner ce qu’il ressent.
3. Comprendre
Lorsque l’émotion est identifiée, vous pouvez aller un peu plus loin :
« De quoi avais-tu besoin à ce moment-là ? »
Pour vous aider vous pouvez utiliser Les cartes des messages cachés des émotions.
Votre enfant peut choisir une carte qui correspond à ce dont il avait besoin.
L’objectif n’est pas de trouver une réponse parfaite.
C’est d’apprendre progressivement à l’enfant à écouter ce qui se passe en lui.
L’enfant apprend d’abord à se calmer avec nous
Un enfant ne devient pas capable de réguler ses émotions simplement parce qu’on lui demande de se calmer.
Cette capacité se construit progressivement.
Au début, il a besoin de l’adulte pour retrouver son équilibre.
Lorsque nous restons présents face à ses larmes, que nous mettons des mots sur ce qu’il vit et que nous lui montrons comment revenir progressivement au calme, nous lui transmettons peu à peu des repères qu’il pourra ensuite utiliser seul.
Avant de savoir se calmer seul, l’enfant a besoin d’avoir été calmé et accompagné de nombreuses fois.
C’est ce que l’on appelle la co-régulation.
Et si mon enfant pleure vraiment tout le temps ?
Tous les enfants traversent des périodes où ils pleurent davantage.
La fatigue, les changements, une période difficile à l’école, une séparation ou une accumulation d’émotions peuvent temporairement rendre les pleurs plus fréquents.
Mais certains pleurs doivent attirer davantage notre attention.
Si les pleurs deviennent soudainement très fréquents ou inhabituels pour votre enfant, s’ils s’accompagnent de douleurs, de fièvre, d’une grande fatigue, de troubles du sommeil, d’un changement important de comportement ou de tout autre symptôme qui vous inquiète, il est important d’en parler à votre médecin ou à votre pédiatre.
Cet article propose des pistes d’accompagnement émotionnel et ne remplace pas un avis médical.
Pour conclure
Un enfant qui pleure ne cherche pas forcément à obtenir quelque chose. Il peut simplement être dépassé par ce qu’il ressent.
Avec le temps, l’enfant apprend à mettre des mots sur ce qu’il ressent et à développer ses propres ressources pour retrouver son calme.
Mais pour y parvenir, il a d’abord besoin d’un adulte qui puisse lui montrer que ses émotions peuvent être accueillies sans être jugées.
Écouter les larmes, ce n’est pas empêcher l’enfant de grandir. C’est lui apprendre progressivement à s’écouter lui-même.
Votre enfant rencontre régulièrement des difficultés avec ses émotions ?
Comprendre ce qui se joue est une première étape.
Si vous souhaitez aller plus loin, je propose un accompagnement émotionnel adapté à l’âge et aux besoins de chaque enfant, notamment à travers l’hypnose, mais aussi le Reiki ou la relaxation sonore.
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